La concession funĂ©raire est un sujet auquel on ne pense pas, sauf lorsque l’on est confrontĂ© au dĂ©cès d’un proche ou que l’on s’approche dangereusement de cette Ă©tape. L’enterrement et la concession funĂ©raire soulèvent de nombreuses questions.
Qu’est-ce que la concession funĂ©raire exactement ? Comment l’acquĂ©rir ? Quels en sont les types et les durĂ©es ? Doit-on les entretenir toute la vie ? Si je ne le fais pas, suis-je responsable en cas de dommage ?
Cet article vous éclaire sur les aspects pratiques et réglementaires des concessions dans les cimetières, pour vous aider à prendre les meilleures décisions dans ces moments difficiles.
Table des matières
Qu'est-ce qu'une concession funéraire, comment ca fonctionne ?
Une concession funĂ©raire est l’emplacement dans lequel sera mis le corps du dĂ©funt. Attention, il est important d’avoir en tĂŞte qu’acheter une concession funĂ©raire ne veut pas dire avoir un droit de propriĂ©tĂ© du terrain. On achète l’usage de l’emplacement. Le terrain appartient toujours Ă la commune.
La concession funéraire peut etre une tombe ou un caveau mais aussi un emplacement pour les urnes funéraires (appelé un columbarium).
Il est possible d’acheter une concession dans la ville que l’on veut. NĂ©anmoins, il faut tout de mĂŞme rĂ©pondre Ă certains critères au risque de se voir refuser la demande s’il n’y a pas assez de place dans le cimetière.
Pour prĂ©tendre Ă une place dans un cimetière, il faut :Â
- être domicilié dans la commune
- ĂŞtre bĂ©nĂ©ficiaire d’une concession familiale
- ĂŞtre inscrit sur les listes Ă©lectorales (ou remplir les conditions si on vit Ă l’Ă©tranger)
- être décédé dans la commune
Ainsi une personne peut bĂ©nĂ©ficier d’une place au cimetière de la commune oĂą il est dĂ©cĂ©dĂ© mais en gĂ©nĂ©ral s’il dispose d’une concession familiale ailleurs, les hĂ©ritiers vont prĂ©fĂ©rer cette dernière option.Â
Sachez que si vous souhaitez ĂŞtre inhumĂ© dans un endroit oĂą vous n’avez jamais vĂ©cu, vous pouvez en faire la demande. Le maire peut accepter mais il peut Ă©galement refuser par manque de places.
Les types de concessions : familiale, individuelle, collective
Les concessions funĂ©raires permettent d’inhumer un ou plusieurs corps.
Il existe trois types différents de concession.
Si vous avez envie d’ĂŞtre inhumĂ© seul ou si le dĂ©funt n’a aucun endroit prĂ©vu pour lui, il existe la concession individuelle.
Si vous voulez être entouré de votre famille ou si le défunt avait prévu un caveau familial alors il existe la concession familiale. Attention, le lien de parenté doit être justifié (enfant, ascendants, conjoints, frère, soeur).
Si vous souhaitez être inhumé ou que le défunt a prévu une concession pour plusieurs personnes qui ne sont pas de la même famille, alors il existe la concession collective.
En cas de concession familiale, l’acquisition se fait en volume et pas en nombre de places. Vous pouvez demander au service funĂ©raire qu’il vĂ©rifie l’espace disponible dans la concession depuis la dernière inhumation. Si la concession n’a plus de place il est possible d’acheter un m2 de plus ou de procĂ©der Ă une rĂ©duction des dĂ©pouilles.
Vous disposez d’autant de types de concession que de cas personnels.
Incinération et concession funéraire: est ce possible?
Il est tout Ă fait possible d’ĂŞtre incinĂ©rĂ© mais que l’urne soit scellĂ©e Ă un monument funĂ©raire (tombe par exemple) ou mĂŞme enterrĂ©e comme un cercueil.Â
On appelle cela une concession de terrain ou, si le cimetière le prĂ©voit, une concession cinĂ©raire est possible. L’emplacement est plus petit et rĂ©servĂ© aux urnes.
Durée des concessions : temporaire à perpétuité
Les concessions sont, dans la plupart des cas, avec une durée limitée.
Les durĂ©es sont Ă©noncĂ©es Ă l’article L 2223-14 du Code gĂ©nĂ©ral des CollectivitĂ©s territoriales.
Elles vont de 5 ans à une durée perpétuelle.
On parle de concession temporaire entre 5 et 15 ans, de concession trentenaire (30 ans) et de concession cinquantenaire (50 ans).
Toutes les communes n’ont pas le mĂŞme nombre de place, aussi nous vous conseillons de bien vous renseigner auprès de la commune oĂą vous souhaitez ĂŞtre inhumĂ©.
Attention, si vous souhaitez anticiper et acheter une concession, la durĂ©e part de la date d’acquisition et non de la date du dĂ©cès. C’est bien d’anticiper mais ici il vaut mieux ne pas le faire trop tĂ´t.
Quelle est la durée maximale d'une concession funéraire ?
La durĂ©e maximale est la concession perpĂ©tuelle (Ă vie) mais elle tend Ă disparaitre. En effet, cette durĂ©e n’est pas toujours prĂ©vue dans toutes les communes et le manque de place pousse les maires Ă ne plus accepter ces demandes.
La concession perpĂ©tuelle est d’ailleurs possible uniquement si elle est entretenue et qu’il reste des ayants droit.
Droits et obligations du concessionnaire
Deux cas sont possibles :Â
- Lorsque la concession est Ă l’Ă©tat d’abandon.
- Lorsque la durĂ©e de la concession est arrivĂ©e Ă expiration et aucun hĂ©ritier ne s’est prĂ©sentĂ© pour renouveler la concession.
Lorsqu’on acquiert une concession funĂ©raire on devient un concessionnaire. Et devenir un concessionnaire c’est devenir l’usager d’une parcelle de terrain qui nous a Ă©tĂ© accordĂ©e par une mairie.
Ainsi, comme tout droit d’usage il faut entretenir le « terrain » et ce qu’il y a dessus.
L’article L2223-17 du Code GĂ©nĂ©ral des CollectivitĂ©s Territoriales pose indirectement l’obligation d’entretien de la sĂ©pulture. Il est prĂ©vu que « Lorsque, après une pĂ©riode de trente ans, une concession a cessĂ© d’ĂŞtre entretenue, le maire peut constater cet Ă©tat d’abandon par procès-verbal portĂ© Ă la connaissance du public et des familles.«Â
Lorsque malgrĂ© la demande de la mairie, la sĂ©pulture est toujours Ă l’Ă©tat d’abandon alors le maire peut dĂ©cider de saisir le conseil municipal. Ce dernier a le pouvoir de reprendre la concession.Â
Lorsque la sĂ©pulture n’est pas Ă l’abandon mais que la durĂ©e de la concession funĂ©raire est arrivĂ©e Ă expiration, la commune doit informer par tout moyen les ayants-droits de leur droit au renouvellement de la concession. Si passĂ© un dĂ©lai de 2 ans Ă compter de l’information, les ayant droit ne se manifestent pas alors le terrain revient Ă la commune (article L 21223-15 du code gĂ©nĂ©ral des collectivitĂ©s territoriales).Â
Dans les deux cas, si la mairie reprend la concession, il se passe quoi avec les ossements ?Â
La mairie exhume les corps et procède à la crémation sauf si elle a connaissance de la volonté du défunt (par écrit) de ne pas être incinéré.
Une fois incinĂ©rĂ©s le ou les dĂ©funts qui ont Ă©tĂ© exhumĂ©s sont placĂ©s dans un colombarium ou dispersĂ©s dans un lieu dĂ©diĂ©.Â
En cas d’absence d’incinĂ©ration, les ossements sont placĂ©s dans un ossuaire communal.
Tous ces actes sont aux frais de la commune.
Lorsqu’une tombe ou un caveau n’est pas entretenu et qu’elle ou il se dĂ©labre, il faut procĂ©der Ă son entretien.
L’entretien est souvent dĂ©finit dans le règlement du cimetière et/ou dans l’acte de concession.
Il peut s’agir du retrait de la mousse sur la pierre tombale, le nettoyage des dĂ©bris autour de la tombe, l’Ă©tanchĂ©itĂ© du caveau etc…
Si ce manque d’entretien provoque la chute ou la blessure quelconque d’un tiers, alors c’est le propriĂ©taire de la concession qui sera le responsable. Il devra faire marcher sa responsabilitĂ© civile.
Abandon et reprise de concession
Deux cas sont possibles :Â
- La concession est Ă l’Ă©tat d’abandon.
- La durĂ©e de la concession est arrivĂ©e Ă expiration et aucun hĂ©ritier ne s’est prĂ©sentĂ© pour renouveler la concession.
Lorsqu’on acquiert une concession funĂ©raire on devient un concessionnaire. Et devenir un concessionnaire c’est devenir l’usager d’une parcelle de terrain qui nous a Ă©tĂ© accordĂ©e par une mairie.
Ainsi, comme tout droit d’usage il faut entretenir le « terrain » et ce qu’il y a dessus.
L’article L2223-17 du Code GĂ©nĂ©ral des CollectivitĂ©s Territoriales pose indirectement l’obligation d’entretien de la sĂ©pulture. Il est prĂ©vu que « Lorsque, après une pĂ©riode de trente ans, une concession a cessĂ© d’ĂŞtre entretenue, le maire peut constater cet Ă©tat d’abandon par procès-verbal portĂ© Ă la connaissance du public et des familles.«Â
Lorsque malgrĂ© la demande de la mairie, la sĂ©pulture est toujours Ă l’Ă©tat d’abandon alors le maire peut dĂ©cider de saisir le conseil municipal. Ce dernier a le pouvoir de reprendre la concession.Â
Lorsque la sĂ©pulture n’est pas Ă l’abandon mais que la durĂ©e de la concession funĂ©raire est arrivĂ©e Ă expiration, la commune doit informer par tout moyen les ayants-droits de leur droit au renouvellement de la concession. Si passĂ© un dĂ©lai de 2 ans Ă compter de l’information, les ayant droit ne se manifestent pas alors le terrain revient Ă la commune (article L 21223-15 du code gĂ©nĂ©ral des collectivitĂ©s territoriales).Â
Dans les deux cas, si la mairie reprend la concession, il se passe quoi des ossements ?Â
OĂą vont les corps Ă la fin de la concession ?
La mairie exhume les corps et procède à la crémation sauf si elle a connaissance de la volonté du défunt (par écrit) de ne pas être incinéré.
Une fois incinĂ©rĂ©s, le ou les dĂ©funts qui ont Ă©tĂ© exhumĂ©s sont placĂ©s dans un colombarium ou dispersĂ©s dans un lieu dĂ©diĂ©.Â
En cas d’absence d’incinĂ©ration, les ossements sont placĂ©s dans un ossuaire communal.
Tous ces actes sont aux frais de la commune.
Entretien et responsabilité de la famille
Lorsqu’une tombe ou un caveau n’est pas entretenu et qu’elle ou il se dĂ©labre, il faut procĂ©der Ă son entretien.
L’entretien est souvent dĂ©finit dans le règlement du cimetière et/ou dans l’acte de concession.
Il peut s’agir du retrait de la mousse sur la pierre tombale, le nettoyage des dĂ©bris autour de la tombe, l’Ă©tanchĂ©itĂ© du caveau etc…
Si ce manque d’entretien provoque la chute ou la blessure d’un tiers, alors c’est le propriĂ©taire de la concession qui sera le responsable. Il devra faire marcher sa responsabilitĂ© civile.
Achat d'une concession : démarches et acte
Le prix d’une concession va varier en fonction de la commune. C’est elle qui fixe le prix de la concession librement.
A titre d’exemple, en 2020 une concession funĂ©raire perpĂ©tuelle au cimetière du Père Lachaise coĂ»te plus de 14 000 euros.
En règle gĂ©nĂ©rale, le prix d’une concession varie de 650 euros pour 15 ans Ă 1.600 euros pour 30 ans Ă Lyon.Â
Il est tout Ă fait possible d’acheter une concession de son vivant. NĂ©anmoins attention Ă ne pas l’acheter trop tĂ´t car la durĂ©e de la concession court Ă compter l’acquisition et non du dĂ©cès.
Cimetière et règlement municipal
Chaque cimetière comporte un règlement intérieur malgré le fait que ca ne soit pas une obligation légale ou réglementaire.
L’Ă©dition d’un règlement relève de la compĂ©tence du maire. Il s’agit de son pouvoir de police gĂ©nĂ©rale et spĂ©ciale. Il est fortement conseillĂ© d’Ă©diter un règlement pour les cimetières communaux.
La prĂ©sence d’u règlement permet d’organiser la gestion du cimetière, son entretien, l’amĂ©nagement. Le règlement municipal d’un cimetière contient entre autres :
-les horaires d’ouverture
-les conditions pour avoir une concession
-les conditions de travaux en cas de crĂ©ation d’un caveau
Ce règlement permet de cadrer les activitĂ©s Ă l’intĂ©rieur du cimetière et permet d’Ă©carter la responsabilitĂ© de la commune dans certains cas assez cocasses.
Les cas cocasses en responsabilité
Une septuagénaire a voulu rejoindre une allée dans un cimetière. Elle est passé sur une dalle datant de 1942 qui a cédé sous son poids.
Elle a Ă©tĂ© secourue grâce Ă des visiteurs du cimetière qui l’ont retrouvĂ©e 3m plus bas dans une tombe. Elle a Ă©tĂ© transportĂ©e Ă l’hĂ´pital le plus proche.
Au delà de la situation cocasse, la responsabilité civile du propriétaire de la concession sera engagée pour indemniser le préjudice corporel de la victime qui a tout de même eu plus de peur que de mal.
Madame X a rendu visite Ă son beau-frère et a malencontreusement chutĂ© dans la fosse voisine. Elle avait Ă©tĂ© creusĂ©e la veille par une sociĂ©tĂ© de pompe funèbre et recouverte d’une tĂ´le.
Le règlement du cimetière indiquait pourtant qu’il fallait un dispositif de protection suffisant lorsqu’une tombe Ă©tait creusĂ©e et que les fouilles laissĂ©es en attente devaient ĂŞtre entourĂ©es de barrières ou couvertes par des planchers solides.Â
Madame X a eu un prĂ©judice corporel de plus de 20 000 euros et n’a Ă©tĂ© remboursĂ©e qu’en partie par l’entreprise qui avait creusĂ© le trou.
Pourquoi en partie? car Madame X Ă©tait entrĂ©e dans le cimetière en dehors des heures d’ouverture et Ă un horaires si matinal, que la lumière n’Ă©tait pas assez prĂ©sente. Elle a commis une faute qui l’a privĂ© d’une partie de son indemnitĂ©.
Lors de la cĂ©rĂ©monie au crĂ©matorium, le cercueil prĂ©sent devant les proches Ă©tait vide et les scellĂ©s n’Ă©taient pas posĂ©s.
Comment est-ce possible ? Il semblerait que l’entreprise de pompe funèbre, au moment de la mise en bière se soit aperçue que le corps de la dĂ©funte n’entrait pas dans le cercueil du fait de sa corpulence.
Ne pouvant fournir de cercueil Ă la bonne taille et voyant les proches attendre dans la salle d’Ă cotĂ©, il a Ă©tĂ© dĂ©cidĂ© de faire venir le cercueil … vide et de ne pas prĂ©venir la famille.
Cette dernière a Ă©tĂ© informĂ©e deux jours plus tard que le corps de la dĂ©funte Ă©tait encore en chambre froide et qu’il y aurait une seconde crĂ©mation, cette fois-ci dans les règles de l’art et dans le respect de la dĂ©funte.
La famille compte engager la responsabilitĂ© du crĂ©matorium et de l’entreprise de pompes funèbres.